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Pourquoi les processus de localisation manuels sont source de chaos pour les équipes qui gèrent la documentation

Julianna Carlson-van Kleef

Man sitting at a desk, working on his computer

Une documentation technique et réglementaire répartie entre plusieurs équipes et systèmes

Aujourd’hui, la documentation technique ne dépend plus que d’un seul système ou d’une seule équipe. Dans de nombreuses organisations, les contenus sont créés et diffusés à travers plusieurs services et plateformes.

Le type de contenu influence aussi la manière dont les informations sont gérées et localisées. Les manuels de produits physiques, les centres d’aide de logiciels et les contenus associés à des produits hybrides impliquent chacun des processus documentaires, des exigences de publication et des défis de localisation différents.

Équipes de rédaction technique

Ces équipes gèrent des contenus structurés comme des manuels de produit, des guides de maintenance, des modes d’emploi et des fiches techniques.

Équipes responsables du marketing et des ventes

Ces équipes créent des contenus destinés aux clients comme des brochures, des présentations commerciales, des livres blancs, des fiches produit et des présentations de solutions qui mettent en avant les caractéristiques et les avantages des produits.

Équipes de support et d’accompagnement client

Ces équipes gèrent des guides d’intégration, des documents de mise en œuvre, des contenus de dépannage et des articles de bases de connaissances multilingues.

Équipes responsables des logiciels

Ces équipes gèrent des contenus d’interface utilisateur, des notes de version et des documentations pour les développeurs qui sont mis à jour à chaque nouvelle version logicielle.

Dans une organisation, les informations techniques sur les produits sont réparties entre :

  • les systèmes de gestion de contenu (CMS) ;

  • les systèmes de gestion de contenu par composants (CCMS) ;

  • les systèmes de gestion de l’information produit (PIM) ;

  • les plateformes de planification des ressources d’entreprise (ERP) ;

  • les bases de connaissances ;

  • les portails d’assistance ;

  • les plateformes de développement.

Au sein de ces environnements, les contenus peuvent être structurés, comme les fichiers XML ou DITA, ou non structurés, comme les documents Word, les PDF, les tableurs, les présentations ou les fichiers où la présentation visuelle prime.

Cette approche unifiée facilite la création, la mise à jour, la réutilisation et la diffusion des informations techniques à l’échelle internationale.

L’impact des processus de localisation non intégrés

La localisation est souvent considérée comme une étape à part qui intervient après que les contenus ont été créés dans la langue source. Dans la plupart des organisations, la traduction vient se superposer aux processus de gestion des contenus existants au lieu d’y être intégrée.

Au départ, les équipes essayent de gérer ces activités manuellement. La documentation peut par exemple être exportée depuis des systèmes de rédaction, copiée dans des tableurs, échangée par e-mail entre les équipes ou envoyée sous forme de fichiers distincts à un prestataire de traduction. Les équipes qui créent les documents peuvent être amenées à copier-coller des contenus traduits dans des langues qu’elles ne maîtrisent pas. Les équipes responsables des contenus web sont parfois contraintes d’importer les traductions dans des CMS page par page, et les ressources d’assistance sont souvent mises à jour séparément dans plusieurs bases de connaissances.

Si ces approches peuvent sembler viables au départ, la gestion des contenus se complexifie rapidement à mesure que le nombre de langues, de variantes de produits, de versions logicielles et de canaux de publication augmente.

Ce qui commence comme un simple processus où les contenus sont exportés pour la traduction peut rapidement déboucher sur une gestion fragmentée, avec :

  • des contenus dupliqués ;

  • des problèmes de suivi des versions ;

  • des mises en formes incohérentes ;

  • des tâches manuelles répétitives ;

  • une coordination complexe entre plusieurs équipes, outils et langues.

À mesure que la documentation multilingue s’étoffe, les processus de localisation non intégrés peuvent générer des frictions qui ralentissent les mises à jour, augmentent les efforts manuels et compliquent le déploiement d’une stratégie de communication multilingue.

Absence de contexte

Les contenus techniques sont rarement isolés les uns des autres. Une courte instruction dans un guide de maintenance peut renvoyer à des étapes précédentes d’une procédure. Un libellé d’interface peut être relié aux éléments qui l’entourent. Un avertissement peut faire référence à des instructions de sécurité figurant ailleurs dans la documentation.

Lorsque les contenus sont envoyés sous forme de fichiers séparés, les traducteurs ont du mal à replacer les informations dans leur contexte global.

Même de simples phrases peuvent devenir ambiguës sans ce contexte. Par exemple, une phrase comme « Vérifiez les journaux » peut renvoyer à des journaux d’événements d’un logiciel. Sans contexte, les traducteurs risquent de penser qu’il s’agit de registres physiques.

Ces légères ambiguïtés peuvent conduire à des erreurs de traduction, en particulier dans les documentations techniques et réglementaires où la terminologie est souvent très spécialisée.

Réutilisation limitée et duplication du travail

De nombreux systèmes de documentation reposent largement sur la réutilisation des contenus.

Une même instruction peut apparaître dans plusieurs manuels produit, versions logicielles ou articles d’aide. Dans les systèmes structurés, les contenus sont organisés en composants modulaires, ce qui permet d’automatiser la réutilisation.

Mais dans les systèmes moins structurés, les organisations doivent trouver des moyens pour garantir la cohérence et éviter de retraduire des contenus déjà traduits.

Les mémoires de traduction et les bases terminologiques aident les équipes à réutiliser les traductions précédentes, à uniformiser la terminologie et à préserver la cohérence pour tous les services, produits et types de contenus.

Néanmoins, lorsque les contenus circulent sous forme de fichiers isolés, il devient plus difficile d’identifier les informations réutilisées et de gérer efficacement les ressources de traduction.

Des contenus identiques ou très similaires peuvent alors être retraduits plusieurs fois au fil des projets, ce qui augmente les coûts, ralentit les mises à jour et entraîne des incohérences linguistiques.

Problèmes de mise en forme et de mise en page

Pour les équipes gérant des manuels, fiches techniques, présentations, documents réglementaires, PDF multilingues ou contenus produit destinés aux clients, le maintien d’une mise en forme cohérente peut vite devenir un véritable défi.

La documentation technique et réglementaire repose souvent sur une organisation structurée, des modèles prédéfinis, des tableaux et des graphiques, ce qui rend la mise en forme des contenus multilingues plus complexe. Les contenus destinés aux clients, comme les brochures, les présentations commerciales et les fiches produit, posent aussi des contraintes liées au style et à l’image de marque, qui doivent être préservés dans toutes les langues.

Les transferts manuels de fichiers entraînent souvent des modifications de la mise en forme nécessitant des corrections manuelles.

Dans le cas d’une documentation multilingue, cela implique souvent d’ajouter une étape de publication assistée par ordinateur (PAO) après la traduction pour adapter la mise en page, les tableaux, le design des pages et l’agencement du texte afin de garantir une présentation cohérente dans toutes les langues et tous les formats.

Contrôle des versions complexe

La documentation technique évolue en permanence.

Chaque nouvelle version de produit nécessite de mettre à jour les instructions. Chaque nouvelle version logicielle s’accompagne de nouvelles chaînes d’interface et notes de version. Chaque modification de la réglementation impose d’actualiser la documentation dans plusieurs langues et marchés.

Lorsque la documentation est divisée en fichiers distincts pour la localisation, il devient nettement plus difficile de synchroniser les traductions avec les contenus source.

Le suivi des versions peut alors se faire via des tableurs, des e-mails, des dossiers partagés, des référentiels et des systèmes cloisonnés, ce qui ajoute un niveau de complexité supplémentaire à chaque cycle de publication.

Le coût d’une localisation non intégrée

Un processus de localisation non intégré peut entraîner des blocages au-delà même de la traduction, notamment lorsque les volumes de contenus multilingues augmentent. Sur le long terme, la coordination manuelle entre les différentes équipes peut générer une charge administrative importante.

Les rédacteurs techniques, les responsables de la localisation et les gestionnaires de contenus finissent parfois par consacrer l’essentiel de leur temps à coordonner les mises à jour plutôt qu’à améliorer la qualité des contenus ou l’expérience utilisateur.

Dans ce contexte, les organisations rencontrent souvent des difficultés telles que :

  • des retards dans les mises à jour de la documentation dus à la gestion des traductions ;

  • une duplication du travail au sein des différentes équipes ;

  • des efforts accrus pour la publication assistée par ordinateur (PAO) et la mise en forme ;

  • des lancements internationaux de produits et de versions logicielles ralentis ;

  • une charge administrative accrue pour les équipes dispersées ;

  • des difficultés à préserver la cohérence dans les différents services et canaux.

À mesure que la localisation devient plus complexe, un processus non intégré peut ralentir les opérations, augmenter les coûts et limiter la capacité d’une organisation à déployer une stratégie de communication multilingue efficace.

Pour répondre à ces défis, les organisations cherchent de plus en plus à intégrer la localisation à leurs systèmes et flux de travail existants.

Gérer les contenus multilingues dans des systèmes intégrés

À mesure que les organisations se développent, les processus de localisation doivent faciliter la gestion des contenus multilingues pour les rédacteurs techniques, les développeurs et les équipes produit, support et marketing, sans imposer de méthode de travail unique.

Les processus de localisation doivent s’adapter à plusieurs flux de travail, systèmes et formats de contenu et fonctionner au sein d’un environnement intégré, en réduisant les efforts de coordination et les ruptures entre les équipes.

Pour améliorer l’adaptabilité et réduire la fragmentation des flux de travail, les organisations combinent souvent :

  • des processus de gestion de contenus structurés ;

  • des systèmes de gestion de la traduction ;

  • des outils de gestion de la terminologie ;

  • des mémoires de traduction et des bases terminologiques ;

  • des capacités de publication assistée par ordinateur (PAO) ;

  • des processus automatisés ;

  • des systèmes intégrés.

Les organisations visent désormais à intégrer la localisation des contenus aux systèmes dans lesquels ils sont créés, mis à jour et publiés, afin d’éviter les processus cloisonnés et les transferts manuels de fichiers.

Intégrer la localisation aux flux de travail existants

De nombreuses organisations adoptent des processus de localisation directement intégrés aux systèmes de gestion de contenu et aux environnements de publication.

Cela peut impliquer :

  • les équipes en charge de la documentation technique, qui utilisent des processus basés sur XML et des intégrations CCMS comme MadCap IXIA CCMS ;

  • les équipes responsables des logiciels, qui intègrent les processus de localisation basés sur des référentiels aux environnements Git et aux chaînes de déploiement ;

  • les équipes de communication produit, qui localisent les contenus techniques destinés aux clients directement depuis leurs systèmes CMS, PIM, e-commerce, ou Adobe Experience Manager (AEM) ;

  • les équipes de support, qui relient la localisation des contenus aux bases de connaissances et aux plateformes de support client comme Zendesk ;

  • la nécessité de préserver la structure des contenus et l’intégrité des métadonnées tout au long du processus de localisation ;

  • l’automatisation des transferts de fichiers, de la création des projets, des processus de mise en forme et des cycles de mise à jour dans toutes les langues via des connecteurs et des API.

Lorsque la localisation est intégrée aux systèmes déjà en place, les équipes peuvent travailler directement depuis leurs outils habituels, tandis que les mises à jour des contenus multilingues peuvent se faire automatiquement dans le cadre du processus global de publication et de diffusion de la documentation.

Adapter la localisation aux méthodes de travail en place

De nombreuses organisations s’appuient toujours sur des transferts manuels de fichiers, des flux de travail cloisonnés et des processus de localisation par fichier pour gérer leur documentation technique et réglementaire multilingue.

Mais à mesure que les contenus sont répartis entre davantage d’équipes, de systèmes et de cycles de publication, ces approches peuvent rapidement montrer leurs limites.

Aujourd’hui, les processus de localisation sont de plus en plus intégrés à un écosystème plus vaste reliant plateformes de documentation, référentiels, systèmes de support, environnements produits et processus de traduction au sein d’une approche plus unifiée.

Grâce aux intégrations, à l’automatisation et à des processus bien conçus, les organisations peuvent réduire la coordination manuelle, préserver la structure et la cohérence des contenus et synchroniser les mises à jour de la documentation avec les cycles de développement et de lancement des produits.

Si vous souhaitez optimiser la gestion et la localisation de votre documentation, nos experts vous aident à analyser votre écosystème existant, à identifier les éventuels processus cloisonnés qui génèrent des frictions et à intégrer la localisation à vos outils et processus existants.

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